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Profondeur des racines de bignone : ce qu'il faut savoir avant de planter

8 min de lecture

Points clés à retenir

  • Les racines de bignone descendent entre 60 cm et 1,20 m de profondeur en conditions normales
  • Elles s'étendent latéralement jusqu'à 2-3 m du pied — c'est leur vraie caractéristique
  • Elles ne sont pas classées comme envahissantes au sens strict, mais produisent des rejets racinaires
  • Une plantation à 1,50 m minimum des fondations et des dallages est recommandée

La bignone (Campsis radicans ou Campsis × tagliabuana) est l’une des plantes grimpantes les plus spectaculaires pour habiller un mur, une pergola ou une clôture. Ses trompettes orange et rouge attirent les regards — et les questions. Avant de la planter, une préoccupation revient systématiquement : est-ce que ses racines vont endommager mes fondations, mon dallage, ma terrasse ? La réponse mérite d’être nuancée. Les racines de bignone ne sont pas aussi destructrices que celles d’un bambou ou d’un peuplier, mais elles méritent tout de même d’être plantées au bon endroit. Voici tout ce que vous devez savoir pour profiter de cette grimpante sans mauvaise surprise.

Quelle est la profondeur des racines de bignone ?

Les racines de bignone atteignent généralement 60 cm à 1,20 m de profondeur dans un sol meuble et bien drainé. Dans un sol argileux compact, elles restent plus superficielles — autour de 40 à 60 cm — car elles ont du mal à pénétrer en profondeur.

Ce qui distingue la bignone, ce n’est pas tant la profondeur que l’étalement latéral. Ses racines traçantes peuvent s’éloigner de 2 à 3 mètres du pied de la plante, voire davantage sur un sujet adulte de plus de 10 ans. C’est de là que partent les fameux rejets — ces nouvelles pousses qui surgissent loin du pied et colonisent progressivement la zone.

Comparaison avec d’autres grimpantes

PlanteProfondeur racinesÉtalementRisque pour fondations
Bignone60 cm – 1,20 m2-3 mFaible à modéré
Glycine1-2 m3-5 mModéré
Lierre commun30-60 cm2-4 mFaible (surface)
Wisteria1-3 m4-6 mModéré à élevé
Vigne vierge40-80 cm3-4 mFaible
Bambou (traçant)20-40 cm5-10 mÉlevé

La bignone se situe dans une catégorie intermédiaire — moins problématique qu’une glycine ou un bambou, mais pas aussi sage qu’un lierre.

Les racines de bignone sont-elles envahissantes ?

Les racines de bignone ne sont pas classées comme espèce envahissante en France au sens de la réglementation phytosanitaire. Mais dans la pratique, deux comportements peuvent poser problème.

Les rejets racinaires

C’est le point le plus délicat. La bignone produit des stolons racinaires — des racines horizontales qui émettent de nouvelles pousses à distance du pied. Sur un sol nu ou une pelouse, ces rejets apparaissent régulièrement à 1, 2 voire 3 mètres du plant principal. Si vous n’arrachez pas les jeunes pousses rapidement, elles s’installent et deviennent difficiles à éliminer.

:::warning Les herbicides systémiques de type glyphosate sont efficaces sur les rejets de bignone, mais ils peuvent atteindre le plant principal via les racines connectées. Préférez l’arrachage manuel des jeunes rejets tant qu’ils sont petits, ou coupez-les ras et répétez l’opération. :::

Les crampons aériens

Campsis radicans s’accroche aux murs grâce à des crampons aériens (racines adventives collantes), pas via ses racines souterraines. Ces crampons peuvent endommager les joints de maçonnerie ancienne et laisser des traces indélébiles sur un crépi si vous arrachez la plante. Ils ne perforent pas les murs sains, mais fragilisent les murs en mauvais état.

Peut-on planter une bignone près des fondations ou d’un dallage ?

La règle des distances

Pour une plantation en pleine terre sans contrainte particulière, respectez ces distances minimales :

  • Fondations de maison : 1,50 m minimum, 2 m idéalement
  • Dallage ou terrasse : 1 m minimum (les racines traçantes peuvent soulever les dalles légères)
  • Canalisations enterrées : 1,50 m minimum — les racines suivent l’humidité et peuvent s’infiltrer dans les joints défectueux
  • Mur mitoyen : sans restriction particulière côté racines, mais attention aux crampons

:::info Les bignones greffées (Campsis × tagliabuana ‘Madame Galen’, la variété la plus vendue en jardineries) sont généralement moins vigoureuses et produisent moins de rejets que l’espèce botanique Campsis radicans. Si vous craignez l’envahissement, choisissez une variété greffée plutôt qu’un plant sur ses propres racines. :::

Sur un sol argileux ou compact

Les racines restent plus superficielles et l’étalement latéral est plus marqué. Dans ce cas, augmentez les distances de sécurité de 30 à 50 cm et surveillez davantage les rejets les premières années.

Planter une bignone en pot : les racines posent-elles problème ?

Oui, la bignone peut se cultiver en pot — et dans ce contexte, la question des racines envahissantes ne se pose plus. En contrepartie, la croissance est limitée et la plante est moins florifère.

Le pot idéal :

  • Volume minimum : 60 litres (bac de 50 cm de côté minimum)
  • Matériau : bois, céramique ou résine — évitez le plastique fin qui chauffe les racines en été
  • Drainage : indispensable, trous larges + couche de graviers au fond

L’arrosage en pot : La bignone en pleine terre est très résistante à la sécheresse une fois installée. En pot, elle demande un arrosage régulier en été — comptez 2 à 3 arrosages par semaine par forte chaleur.

:::tip Rempotez la bignone en pot tous les 2-3 ans en mars, avant le démarrage de la végétation. Taillez simultanément les racines d’un tiers pour éviter l’étouffement. Une bignone à l’étroit dans son pot fleurit moins bien et produit plus de rejets racinaires dans les fissures du bac. :::

Comment contrôler les racines de bignone sur le long terme

La barrière anti-rhizome

Technique empruntée à la lutte contre le bambou : installez une barrière anti-rhizome en PEHD (polyéthylène haute densité) de 1 mm d’épaisseur minimum autour de la zone de plantation, enterrée à 60-80 cm de profondeur. Cela limite l’étalement des racines traçantes sans bloquer le développement en profondeur.

Comptez 15 à 25 € le mètre linéaire pour la barrière + pose (ou 8 à 12 €/ml en DIY). Solution efficace surtout si vous plantez dans une zone contrainte (entre une terrasse et un mur, par exemple).

La taille des racines

Chaque printemps, passez une bêche tranchante en cercle à 80 cm du pied pour sectionner les racines traçantes. Simple et efficace si fait régulièrement. Cette technique, appelée rhizotomie manuelle, suffit dans la grande majorité des jardins.

Le contrôle des rejets

Arrachez les jeunes pousses dès qu’elles apparaissent — elles se retirent facilement à la main les deux premières années. Ne les laissez jamais s’installer : une pousse de bignone qui a passé sa deuxième saison développe son propre système racinaire et devient autarcique.

:::opinion La bignone est une grimpante magnifique et relativement peu contraignante si vous respectez deux règles simples : plantez-la à distance raisonnable des structures (1,50 m minimum) et gérez les rejets dès la première année. Ses racines ne sont pas les plus profondes ni les plus destructrices du jardin — c’est sa tendance à coloniser latéralement qui demande de la vigilance. Choisissez une variété greffée comme Campsis × tagliabuana ‘Madame Galen’ si vous voulez limiter les rejets, et optez pour la barrière anti-rhizome si votre espace est vraiment contraint. Dans toutes les autres situations, une surveillance annuelle au printemps suffit largement. :::

Questions fréquentes

Quelle est la profondeur maximale des racines de bignone ?

Dans un sol meuble et profond, les racines de bignone peuvent atteindre 1,20 m de profondeur, parfois un peu plus sur des sujets très âgés. Dans la majorité des jardins avec un sol ordinaire, elles restent entre 60 et 80 cm. C'est leur étalement latéral (2 à 3 m) qui est leur vraie caractéristique, pas leur profondeur.

La bignone peut-elle abîmer les fondations d'une maison ?

Le risque est faible sur des fondations saines et récentes. La bignone n'a pas la puissance destructrice d'un figuier ou d'un saule. En revanche, si vos fondations ont des fissures ou si votre maison est ancienne, maintenez une distance de 2 m pour éviter que les racines suivent l'humidité jusqu'aux failles.

Comment empêcher les rejets de bignone de se propager ?

Arrachez les rejets manuellement dès leur apparition au printemps, avant qu'ils ne développent leur propre système racinaire. En prévention, installez une barrière anti-rhizome enterrée à 60-80 cm ou passez une bêche en cercle autour du pied chaque mars pour sectionner les racines traçantes.

Peut-on planter une bignone près d'une terrasse en dalles ?

Oui, si vous maintenez au moins 1 mètre de distance et que vos dalles sont posées sur une dalle béton. Sur un dallage sur sable ou gravier, les racines traçantes peuvent progressivement soulever les dalles légères. Optez pour la barrière anti-rhizome ou choisissez un emplacement plus éloigné.

La bignone est-elle classée comme plante invasive en France ?

Non. La bignone (Campsis radicans) ne figure pas sur les listes officielles des espèces exotiques envahissantes en France métropolitaine. Elle peut se comporter de façon colonisatrice dans certains milieux chauds et secs, notamment dans le Sud, mais elle ne présente pas le niveau de risque écologique du buddleia ou de la renouée du Japon.

Quelle est la meilleure période pour planter une bignone ?

Plantez en avril-mai dans les régions à hivers froids, ou en septembre-octobre dans le Sud. La bignone s'installe bien au printemps quand le sol est réchauffé. Évitez la plantation en plein été : la jeune plante supporte mal le stress hydrique avant que ses racines ne soient bien établies.

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